Dossiers et Enjeux
| Economie |
Le livre en chiffres - 2011, données 2010
L'édition résiste, avec des évolutions contrastées
Le revenu net des éditeurs de livres, clubs et cessions de droits compris, s’est maintenu en 2010 à 2,8 milliards d’euros (+0,3 % à périmètre constant) avec une légère baisse des ventes en volume à 451,9 millions d’exemplaires (-2,7 % à périmètre constant).
À 131 millions d’euros, les revenus de cessions de droits sont en progression de +3,9 %, contrairement à l’année précédente. Notamment les cessions de droits étrangers sont en hausse de +10 % en volume à périmètre constant (voir statistiques internationales). La production en titres est restée très soutenue, en progression de +6 % à périmètre constant (+4,1 % sur les nouveautés, +8,1 % sur les réimpressions). Les revenus de l’édition numérique stricto sensu sont en hausse de +8 % à 52,9 millions d’euros, combinaison d’une baisse des ventes de livres numériques sur support physique (-2,6% en valeur) et d’une hausse des ventes de livres numériques en ligne (+37 % en valeur), tandis que les ventes d’applications et livres sur Apple Store sont en hausse de +412% mais sur une base étroite (0,3 millions d’euros de chiffre d’affaires).
De loin le premier secteur en poids économique représentant le quart de l’activité éditoriale, la littérature enregistre une légère baisse d’activité (-1,4 % en valeur, +4,4 % en volume) à périmètre constant 2009-2010. Ce résultat est le fruit d’évolutions contrastées entre les deux principaux segments du secteur.
Le roman contemporain avec un chiffre d’affaires de 373,6 millions d’euros en 2010, a fortement soutenu l’activité avec une croissance de +7,2 % en valeur et +6,1 % en volume, à périmètre constant. Le roman policier, deuxième segment en valeur (117 millions d’euros en 2010) au contraire ne s’est pas bien porté avec une chute de -20,2 % en valeur et -13,8 % en volume à périmètre constant. Les autres segments connaissent des évolutions également contrastées : les romans historiques (17,9 millions d'euros de chiffre d’affaires) enregistrent une forte croissance de +42 % en valeur et +32 % en volume à périmètre constant. La littérature sentimentale (39,6 millions d’euros de chiffre d’affaires) est en recul (-6 % en valeur, -6 % en volume) à périmètre constant, ainsi que la science-fiction (12,9 millions d’euros de chiffre d’affaires, -8 % en valeur à périmètre constant). Si l’humour n’a pas fait recette (5,5 millions d’euros de chiffre d’affaires, -28 % en valeur et en volume à périmètre constant) la poésie et le théâtre se portent mieux : 7 millions d’euros de chiffre d’affaires, +8,7% en valeur pour une évolution stable en volume.
Le large secteur des beaux livres et livres pratiques (17,8 % du chiffre d'affaires) est stable en valeur avec une légère croissance en volume (+4,8 %) à périmètre constant :
• Les beaux livres et les livres d’art (3,8 % du chiffre d'affaires), enregistrent la même tendance que l’ensemble du secteur, en plus accentué : +0,1 % en valeur, +23,4 % en volume, le segment étant visiblement porté par les beaux livres à fortes ventes comme les catalogues d’exposition, livres photo, etc.
• Le livre pratique connaît des évolutions contrastées : le principal segment, la cuisine, gastronomie et vins (90 millions d’euros de chiffre d’affaires) reste en croissance soutenue (+8,3 % en valeur et +9,2 % en volume à périmètre constant). La santé bien-être, deuxième segment (78 millions d’euros de chiffre d’affaires) reste stable en valeur et volume. Les guides de tourisme et d’hébergement/restauration sont en fort recul (-7,8 % et -30 % en valeur) alors que les ouvrages divers de tourisme et régionalisme sont au contraire en croissance spectaculaire (+48 % en valeur à périmètre constant). Les segments sports (-5,8 % en valeur), nature/environnement (-3,3 % en valeur) et jardinage (-3,3 % en valeur) sont tous en recul sensible à périmètre constant.
L’édition jeunesse est en phase avec l’ensemble et enregistre une activité plate (-0,8 % en valeur, +1,3 % en volume à périmètre constant). Mais cette stabilité globale est en réalité le résultat d’une évolution très contrastée entre les deux principaux segments à part comparable : l’éveil petite enfance et albums à colorier est en forte croissance (+13,4 % en valeur, +8,5 % en volume à périmètre constant) tandis que la fiction jeunesse est en net recul (-9,2 % en valeur et -5,8 % en volume à périmètre constant). Manifestement le secteur se focalise sur les plus jeunes et il est soutenu par le baby-boom français du XXIe siècle.
L’édition scolaire, troisième secteur en chiffre d’affaires (367,6 millions d’euros) enregistre une bonne année 2010 avec une hausse d’activité de +10,6 % en valeur et +4,2 % en volume, principalement sur le segment du secondaire grâce à l’arrivée de nouveaux manuels (+26,9 % en valeur, +7,1 % en volume, à périmètre constant). Le segment du scolaire est resté stable en valeur (+0,6 %) à périmètre constant. Le segment technique et commercial est également en croissance (+5 % en valeur à périmètre constant). En revanche, le parascolaire est pour la deuxième année consécutive en recul (-2,7 % en valeur, -0,5 % en volume à périmètre constant).
La bande dessinée (231,5 millions de chiffre d’affaires en 2010) est stable avec une croissance globale de +0,6 % en valeur et -0,8 % en volume à périmètre constant, stabilité masquant un fort contraste entre la bonne tenue du principal segment des albums (+3,6 % en valeur, +3 % en volume à périmètre constant) et le net recul des mangas (-7,7 % en valeur, -13,8 % en volume). Cette évolution contrastée concerne un support et non un genre, c’est le manga en tant que format qui est en recul alors que le manga en album se porte bien.
L’édition de sciences humaines et sociales (147,6 millions d’euros de chiffre d’affaires) est devenue porteuse en 2010 après deux mauvaises années, enregistrant une croissance de +2,3 % en valeur et +8,8 % en volume à périmètre constant. Les deux principaux segments des SHS générales et du droit sont en croissance valeur de +3,4 %, et de +16,4% en volume pour les SHS générales. Le microsegment des sciences politiques se porte très bien (+38,7 % en valeur et +63,4 % en volume à périmètre constant). L’histoire est au rythme du secteur (+3,3 % en valeur à périmètre constant). En revanche les sciences économiques sont en forte baisse (-14 % en valeur à périmètre constant).
Les dictionnaires et encyclopédies enregistrent une cinquième année de fort recul global (-23,2 % en valeur, -28,9 % en volume à périmètre constant), toujours lié à la substitution vers des contenus encyclopédiques et de référence en ligne le plus souvent gratuits. En revanche sur ce secteur les dictionnaires de français restent stables (+0,8 % en valeur à périmètre constant) et les dictionnaires de langues étrangères sont en forte croissance (+17,1 %), ce qui montre bien le besoin de confiance dans des contenus éditoriaux fiables pour les compétences essentielles.
Le secteur sciences techniques médecine et gestion maintient son activité (-0,5 % en valeur, +3,4 % en volume à périmètre constant) et ses segments sont en évolution homogène, sauf le management en évolution positive (+2 % en valeur) et l’informatique qui est en légère baisse (-3,2 %).
Le secteur essais, documents et reportages est en recul global (-7,6 % en valeur, -8,3 % en volume à périmètre constant) alors que son segment plus intellectuel des essais, analyses, critiques se porte bien (+13,4 % en valeur, +8,5 % en volume à périmètre constant). Les reportages sont en recul (-13,9 % en valeur à périmètre constant), ainsi que les mémoires, témoignages et biographies (-13,5 % en valeur). Le microsegment des essais politiques est en fort recul (-40% en valeur).
L’édition religieuse enregistre globalement une année stable. Ce maintien de l'activité résulte d'une évolution contrastée entre l'édition religieuse stricto sensu (-9,4 % en valeur à périmètre constant) et l'ésotérisme (+44 % en valeur à périmètre constant).
Le secteur des cartes de géographie et atlas est à nouveau en recul (-6,5 % en valeur, -10,3 % en volume à périmètre constant) plombé par la baisse des atlas (-62,5 % en valeur) alors que les cartes géographiques se portent bien (+11,5 % en valeur), point à souligner car il va à l’encontre d’une idée reçue sur la substitution vers le numérique, alors qu’on observe une complémentarité.





