Dossiers et Enjeux
| Numérique |
L’année 2010 a marqué un tournant pour l’édition française face au numérique. Arrivée de l’iPad, décollage des ventes d’ebooks aux Etats-Unis et Royaume-Uni, lancement continu de nouvelles liseuses à encre électronique, développement de la lecture sur smartphones… Nul ne peut ignorer la révolution numérique qui s’annonce dans le secteur du livre en France.
En 2011, ces phénomènes semblent se confirmer tout en s’accompagnant d’un début de structuration à plusieurs niveaux.
Etat des lieux
Les usages de la lecture numérique se développent
Le livre numérique commence à être connu du grand public : d'après une enquête Ipsos réalisée pour Livres Hebdo et présentée au Salon du livre 2011, 61 % des Français en ont entendu parler en janvier 2011 contre 47 % en septembre 2009. Le taux de lecture de livres numériques progresse également : 8 % des Français ont déjà lu un livre numérique (contre 5 % en septembre 2009).
Les liseuses et tablettes sont de plus en plus nombreuses
Avec l’arrivée de l’encre électronique, les liseuses se sont développées, surfant sur ce support qui offre un confort de lecture comparable à celui du papier, avec des fonctionnalités induites par le numérique : zoom, recherche plein texte, annotations, signets, etc.
Par rapport à cet usage dédié au texte, les tablettes tactiles changent quelque peu la donne. La technologie LCD utilisée en fait des supports de choix pour des ouvrages en couleur : jeunesse, livres d’art, livres illustrés, BD, qui peuvent bénéficier en outre d’animations, d’ajouts audio/vidéo, etc.
Le parc de smartphones connaît une forte croissance
En 2010, le nombre d’utilisateurs de smartphones est passé de 7 millions à 12 millions, la France affichant une des plus fortes croissances en Europe du nombre d’abonnés équipés d’un smartphone. Si l’on en croit les prévisions de GfK, la moitié des téléphones vendus en 2011 devraient être des smartphones. Même si la taille réduite de l’écran peut sembler un frein pour une lecture longue, la facilité d’utilisation de ces appareils et le nombre d’applications de lecture disponibles sur les différents « stores » constituent un argument indéniable dans le développement de la lecture sur mobile.
La numérisation rétrospective des éditeurs est bien entamée
Grâce à l’expérimentation menée dans le cadre de Gallica, la bibliothèque numérique mise en place par la BnF, et avec le soutien apporté par le Centre national du livre, les éditeurs ont pu envisager la numérisation de leurs fonds afin de les rendre disponibles au plus grand nombre. En effet, le CNL apporte depuis 2008 une aide aux éditeurs pour la numérisation rétrospective et la diffusion numérique de documents sous droits, à certaines conditions. On dénombre aujourd’hui plus de 50 000 ouvrages sous droits disponibles dans la bibliothèque Gallica, dont certains ont bénéficié des aides du CNL. Par ailleurs, celles-ci se poursuivent en 2011 (se reporter au site web du CNL pour de plus amples informations).
L’adaptation des flux de production est en cours
Outre la numérisation de leur fonds, les éditeurs se sont également attachés à la mise en place de flux de production intégrant le XmL pour la publication de leurs nouveautés. Cela consiste, à partir du format XmL, à produire des fichiers PDF imprimeurs pour la publication des livres au format papier et des fichiers ePub pour les versions numériques, ce qui permet le cas échéant de publier simultanément les nouveautés en format papier et numérique.
Les applications ont le vent en poupe
Avec l’arrivée de l’iPad puis de la tablette Galaxy et le succès des smartphones, les applications sont désormais incontournables. Disponibles sur les « stores », elles nécessitent de la part des éditeurs des développements pour être compatibles avec les différents systèmes d’exploitation actuellement utilisés, notamment iOS et Android. Malgré le coût que cela représente, et la difficulté de se rendre visible face aux autres contenus (jeux, services, outils), les éditeurs investissent cependant pour offrir au lecteur des objets dérivés du livre papier, dotés d’une certaine interactivité (par exemple : livres illustrés, livres pratiques).
L’ePub s’impose comme le standard de référence pour le texte
Le format ePub est un format de fichier, ouvert et interopérable qui s’impose de plus en plus dans le monde de l’édition. Développé par l’IDPF (International Digital Publishing Forum), ce format de fichier non-propriétaire dérivé d’XmL, est composé de plusieurs fichiers (instance, structure, métadonnées…), réunis dans un conteneur. L’ePub fait actuellement l’objet d’un travail de mise à jour par l’IDPF en vue de lancer sa version 3 qui devrait autoriser des publications plus complexes, en incorporant la couleur, la vidéo, etc.
Par définition, la chose numérique est mouvante et évolutive, surtout en phase d’émergence du marché. Pour y faire face et mieux appréhender les usages, il est nécessaire de s’informer et se former, d’échanger avec ses pairs mais aussi avec les autres acteurs du monde du livre. C’est le but des manifestations organisées par la commission Numérique : assises, ateliers, plénières. Par ailleurs, celle-ci s’efforce d’apporter aux éditeurs des recommandations en termes d’usages numériques.
Actions concrètes
Veiller à la qualité des métadonnées
Quels que soient les revendeurs, ceux-ci doivent disposer de métadonnées de qualité pour mettre en avant les catalogues des éditeurs, présenter les livres, en autoriser la découverte. Le dernier atelier organisé par le groupe « Normes et standards » a porté exclusivement sur cette question cruciale puisqu’un livre ayant des métadonnées incomplètes ou erronées risque de ne pas être visible sur les sites des revendeurs. Il est donc indispensable que l’éditeur identifie les métadonnées du livre nécessaires à la diffusion de l’ouvrage.
Attribuer un ISBN distinct aux livres numériques
L’ISBN identifie séparément, dans tous les secteurs de la chaîne du livre, chaque manifestation commerciale d’une publication physique.
Pour chaque publication numérique et pour chaque format, l’agence internationale ISBN demande aux éditeurs la même rigueur. C’est-à-dire un ISBN pour chaque manifestation numérique et un par format. A l’occasion d’un communiqué commun établi en 2010, le SNE, ELECTRE et DILICOM ont préconisé à l’ensemble des éditeurs de se conformer à cette recommandation dont le respect leur apparaît comme une des conditions du développement du marché du livre numérique.
Utiliser la norme ONIX
La norme « ONIX for books » est un format d’échange de métadonnées. Une nouvelle version, ONIX 3.0, a été traduite en français à l’initiative du Cercle de la librairie, auprès duquel elle est disponible pour l’ensemble des professionnels. A l’occasion de ce même communiqué, le SNE, ELECTRE et DILICOM ont recommandé aux éditeurs l’usage de la norme ONIX comme un facteur important de l’interopérabilité des fichiers de métadonnées dans le monde du livre, tant physique que numérique.
Des discussions :
> sur le prix du livre numérique





