Distribution
| Mai 2012 | ![]() |
Les activités de diffusion et de distribution coexistent parfois au sein d'une même structure. La distribution assume les tâches liées à la circulation physique du livre (stockage, transport) et à la gestion des flux financiers qui en sont la contrepartie : traitement des commandes et des retours, facturation et recouvrement. Il s'agit d'une activité de plus en plus industrialisée, car un distributeur doit aussi bien assurer des mises en place significatives, voire très importantes, que du réassort à l'unité.
La rémunération du distributeur est le plus souvent liée aux flux. Or la rotation accélérée des ouvrages et l'importance croissante des retours (le taux moyen des retours a atteint 21 % en 2007) alourdissent les frais de distribution dont la part dans le prix de vente public du livre peut varier de 8 à 15 %.
Le transport du livre est une organisation complexe, fruit de l'histoire, où Paris et la région parisienne d'une part et la province d'autre part ne relèvent pas du même système.
Le rôle de la distribution
Dans ce cadre, le rôle de la distribution est d’assumer la plus grande partie des tâches liées à la circulation physique du livre et à la gestion des flux financiers qui en sont la contrepartie.
Elle a en particulier en charge :
• le stockage des livres (l’éditeur en restant le propriétaire),
• la réception des commandes,
• leur préparation, leur expédition vers les différents points de vente,
• la facturation et le recouvrement des créances pour lesquelles elle est souvent garante des paiements (ducroire),
• le traitement des retours (20 à 25% des expéditions) : réception, tri, réintégration ou mise au pilon, notes de crédit aux clients.
Enfin, la distribution recueille et restitue aux diffuseurs et aux éditeurs des éléments chiffrés d’analyse des ventes de ses clients : mise à l’office, réassortiment, retours, par titre, par centrale et par client.
Bien que nettement différenciées, les activités de diffusion et de distribution restent tout à fait liées : liens avec les représentants, références à la politique commerciale de l’éditeur...
Structure du secteur
Contrairement à d’autres pays, la distribution en France est essentiellement assurée par des sociétés liées directement aux maisons d’édition.
La fonction de distribution peut être ou non exclusive : le distributeur assure la distribution des ouvrages de sa maison mère, mais aussi celle d’autres éditeurs qui la lui ont confiée.
Les principaux groupes d’édition ont leur société de distribution : Hachette Distribution pour Hachette Livre, Interforum pour Editis, Sodis pour Gallimard, Union Distribution pour Flammarion, Volumen pour La Martinière / Le Seuil, MDS pour Média Participations, Dilisco pour Magnard-Vuibert, etc.
Rémunération et coût
Le distributeur est rémunéré par l’éditeur soit sur des bases proportionnelles aux flux allers et retours, exprimés en prix public hors taxes, soit sur la base d’une remise achat fixe. Dans tous les cas, le poids des retours est en constante augmentation : cela est sans doute lié à l’augmentation constante de la production (près de 64 000 nouveautés et nouvelles éditions en 2009).
On peut estimer le coût direct de la distribution aux alentours de 12 à 14 % du chiffre d’affaires net de retours, exprimé en prix public hors taxes.
Une informatisation poussée
Les modes de passation des commandes sont aussi divers que les moyens de communication existants. Si elles peuvent être communiquées par fax (12 à 15 %), êtres prises au téléphone (8 à 12 %), ou reçues par courrier (moins de 5 %), elles passent de plus en plus par des échanges de données informatisées (EDI) provenant soit directement des points de vente soit des terminaux portables affectés aux représentants des forces de vente les plus nombreuses.
Pour les distributeurs les plus équipés, ce mode d’acquisition des commandes par EDI peut représenter plus de 70 % de leur activité, taux qui va croissant du fait de l’utilisation de plus en plus fréquente de ce mode de transmission par toutes les catégories de points de vente du livre.
La mise en place de cette technique a permis un gain très important, de l’ordre de un à trois jours, dans le délai d’acheminement de la commande : celle-ci est alors traitée sous 48 heures. Pour leur quasi-totalité, ces commandes en EDI transitent par Dilicom.
ISBN et Code-barre
L’informatique a également été mise à contribution pour accélérer l’industrialisation du traitement des flux physiques.
L’ISBN est un numéro international obligatoire pour chaque ouvrage. Il sert à fabriquer le code EAN 13, lui-même à la source du code-barres correspondant. La liste des ISBN est communiquée aux éditeurs par l’AFNIL. Le 1er janvier 2007, l’ISBN est passé à 13 chiffres au lieu de 10 auparavant ; depuis cette date, il y a superposition de l’ISBN et du code EAN 13.
La généralisation de l’ISBN à tous les ouvrages, l’adoption du code-barre, d’abord sur le dos des ouvrages puis dans la plupart des catalogues ont, en premier lieu, facilité les échanges de données et, par la suite, permis de gérer les entrepôts de manière plus automatisée en facilitant la reconnaissance des livres tant lors de la préparation des commandes que dans la reconnaissance des retours d’invendus.
L’ISBN identifie déjà séparément chaque manifestation commerciale d’une publication physique. De la même manière, les ouvrages numériques sont appelés à avoir un ISBN spécifique, facilitant ainsi le développement du marché du livre numérique.
Antivol
La réflexion sur l’antivol, menée dans le cadre de la Clil, a été réactualisée avec les développements des technologies RFID. A l’heure actuelle, la radio fréquence dite « intelligente » ne permet pas d’associer à ses autres fonctions (gestion des stocks, inventaires, réception,…), la fonction antivol. L’introduction de deux puces est encore nécessaire rendant le coût prohibitif. Or, c’est la totalité des fonctions qui justifierait l’investissement nécessaire à l’inclusion d’une puce dans la couverture des livres. L’utilisation massive de ce procédé en fera rapidement baisser les coûts mais il n’y a pas d’évolution tangible à l’heure actuelle.
Des commandes disponibles rapidement
Depuis son arrivée chez le distributeur jusqu’à sa mise à disposition auprès du transporteur, le temps de préparation d’une commande se situe entre 24 et 36 heures.
Ceci a été rendu possible grâce à des organisations complexes tenant compte du nombre élevé, comme on l’a vu, de références, de clients et de commandes.
Enfin, dans la course contre le temps qu’est le traitement d’une commande, la bonne marche du transport est cruciale à la fois en termes de coûts et de délais pour tous les partenaires.
L’organisation actuelle du transport du livre
Les librairies de l'Ile de France (Paris et région parisienne)
Chaque distributeur choisit son transporteur, parmi les deux principaux transporteurs desservant la région parisienne (Geodis/Calberson et Speed), et en assume le coût. Les libraires paient une participation en pied de facture exprimée en euro par kilo (0,24 €/kg au-delà de 10 kg, avec un minimum de 2,97 € au 1er janvier 2010. Les tarifs sont indexés selon l’indice CNR depuis le 1er janvier 2006 (accord SNE/SLF du 22 juin 2005) . Les retours sont à la charge des distributeurs.
Le transport en Ile-de-France (communiqué du 29.06.05)
Cette participation représente environ 50 % du coût réel. Le coût d’envoi des retours est normalement assumé par les éditeurs (l’accord de 1988 prévoyait que les retours soient repris sans participation des libraires à l’occasion des livraisons). Les libraires utilisent aussi un système de coursiers pour s’alimenter chez certains éditeurs.
Depuis 2006, la livraison de nuit a été mise en place pour une trentaine de librairies. De nouvelles librairies sont séduites chaque année par les avantages de cette formule : gain de productivité, préservation de l’environnement, réduction des coûts de transport, etc.
L’Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie (ADEME) soutient ce dispositif, en raison notamment de son impact environnemental positif : décongestion du trafic aux heures de pointe, utilisation de véhicules propres et peu bruyants (camions au GNV), réduction des émissions de dioxyde de carbone, etc.
De plus, la livraison de nuit s’inscrit dans le plan « Transport » de la Ville de Paris et la « Charte des bonnes pratiques des transports et des livraisons de marchandises dans Paris » à laquelle participe la commission « Livraison propre de nuit ».
Les librairies de province
Pour bénéficier d’un effet de poids additionnés, les commandes sont remises à une plate-forme de regroupement Prisme (hormis les départs de centres régionaux). Le libraire choisit son transporteur, parmi les transporteurs agréés, et en assume le coût, depuis Prisme jusqu’à sa librairie. L’acheminement de ses commandes jusqu’à Prisme ainsi que 60 % du coût du traitement sur celle-ci sont supportés par l’édition.
Cette plateforme reçoit également les retours des libraires et les éclate en direction des différents distributeurs. Les coûts d’acheminement des retours jusqu’à Prisme et de traitement par Prisme sont à la charge des libraires. Le coût de transport depuis Prisme vers les centres de distribution est à la charge de l’édition.
Les hypermarchés, GMS…
Chaque distributeur choisit le transporteur et en assume le coût. Les destinataires paient une participation en pied de facture, exprimée en pourcentage du prix public HT, et variable suivant les distributeurs (certains pratiquant le franco dans le cadre d’accords commerciaux). Le coût d’acheminement des retours vers les centres de distribution est assumé par les clients.
Les plateformes nationales
La création de chaînes de magasins entraîne progressivement la centralisation des approvisionnements sur des platesformes nationales. Cela concerne par exemple la Fnac (80 clients), Auchan (134) ou encore Chapitre (59). Ce dernier s’est d’ailleurs associé à Volumen pour créer une plateforme de regroupement et de stockage dénommée Loglibris.
Ainsi, pour la Fnac, les réassorts de quelques éditeurs non encore traités sur la plateforme nationale transitent par la plateforme Prisme. Celle-ci joue pour la Fnac un rôle particulier de mise à disposition pour son propre transporteur. Les autres expéditions sont acheminées par les éditeurs sur la plate-forme de Massy.
Les autres clients
Chaque distributeur choisit le transporteur et en assume le coût. Les conditions financières de ce transport sont traitées par chacun au cas par cas.
Les mises à disposition
Il existe plusieurs sites de mises à disposition des commandes, soit dans des comptoirs de vente (Livre Diffusion, DIL, Dilisco, comptoirs propres des éditeurs…) soit sur une plateforme de transporteur. Les commandes sont mises à la disposition des libraires (Paris ou province) ou de leurs coursiers.
Les comptoirs de vente
Ils sont conçus pour servir rapidement des petites commandes aux clients en compte chez les distributeurs ou aux clients n’ayant pas de compte ouvert chez ceux-ci. Le service, traditionnellement gratuit, tend à devenir payant quand il excède certaines normes.
Les coûts du transport sont affectés par les prix des carburants et par l'évolution du secteur, fortement marqué par la concentration. La répartition de leur charge entre les expéditeurs et les destinataires fait l'objet de discussions interprofessionnelles régulières.
Le suivi des activités de Prisme est assuré par la Commission de liaison interprofessionnelle du livre, organisme paritaire où se retrouvent des représentants des diffuseurs/distributeurs et des libraires.






