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Le Comité de Pilotage International (CPI)

Demande de programmes européens de soutien au livre

 

L’exportation de livres par les éditeurs français à travers le monde contribue au maintien de la diversité culturelle et à la lutte contre l’homogénéisation des cultures sous l’influence anglo-saxonne. Grâce à leur expertise reconnue de longue date, les éditeurs français sont également des acteurs importants de l’alphabétisation, en particulier dans les pays francophones du Sud.

Dans le contexte de la publication des rapports Duvernois et Astier, de la célébration de la francophonie et de la ratification de la Convention de l’UNESCO sur la diversité culturelle par de nombreux pays, les éditeurs français ont décidé de se pencher sur la question du déclin des exportations de livres français dans les pays francophones du Sud.

Un groupe de travail de l’interprofession, sous l’égide de Bertrand Cousin, Conseiller du Président d’Editis, a ainsi préparé un « mémorandum sur la présence du livre français dans les pays francophones du Sud », présentant :

  • un bilan des difficultés croissantes des éditeurs français sur le terrain et face à des aides publiques inexistantes ou trop éparpillées, et de l’absence d’une véritable chaîne du livre dans la plupart des pays concernés.
  • des recommandations visant à faire de l’édition un acteur incontournable pour tout ce qui touche à la francophonie, et à pérenniser cet effort de coordination et de lobbying commun à l’interprofession et avec les pouvoirs publics français.

 

►Voir le mémorandum du SNE sur « la présence du livre français dans les pays francophones du Sud (01.06) »

►Voir la Mobilisation de la profession autour de la question du déclin du livre français dans les pays en voie de développement en 2005-2006 (25.01.06)

 

  • Le CPI

Cette réflexion se poursuit actuellement dans le cadre d’un Comité de Pilotage International (CPI), créé à l’instigation du SNE fin 2006 et qui inclut non seulement des éditeurs, mais aussi des partenaires publics :
-    Ministère de la Culture (DLL)
-    Ministère des Affaires Etrangères
-    Agence Française du Développement
-    Organisation Internationale de la Francophonie.
Le CPI se réunit tous les trimestres et se consacre aux questions relevant de l’exportation physique de livre avec, ou non, des dispositifs de soutien professionnels (comme le tirage à la suite ou la bonification de prix) ou public (de type Programme Plus), et des partenariats, sous la forme de coéditions voire de coproductions.
 

 « Le plaidoyer de la Fédération des Editeurs Européens (FEE) en faveur de programmes européens de soutien au livre », qui se décline sous la forme de 20 mesures-clés, résulte d’une demande du CPI et se place à la suite du mémorandum sur « la présence du livre du livre français dans les pays francophones du Sud ».

Alors que l’édition représente le premier secteur culturel en Europe, on constate un réel déficit en matière de programmes communautaires consacrés au livre. En effet, les principales aides concernant le livre portent sur les traductions, à travers une enveloppe d’environ 10,2 millions € du programme Culture pour la période 2007-2013 sans commune mesure avec le budget de 755 millions € du programme Média consacré au cinéma et à l’audiovisuel pour la même période. Les autres programmes communautaires pouvant éventuellement aider les éditeurs sont basés sur la notion d’échanges transfrontaliers et donc peu adaptés aux spécificités de ce secteur, où le livre est souvent lié à un bassin linguistique particulier.

Ce rapport présente nos demandes en expliquant que le livre est un vecteur fondamental de la culture, de la connaissance et des langues européennes que l’UE cherche à promouvoir et que l’édition est au cœur de la Société de l’Information et des Bibliothèques Numériques que l’UE souhaite encourager. Il aborde également les besoins de soutien des éditeurs pour des projets dans les pays en voie de développement (PVD), au motif que le livre est clairement reconnu comme un instrument clé de l’alphabétisation, de la diversité culturelle et du développement.

Saluant l’effort récent de la DG Culture de la Commission Européenne qui a mis en place un Prix annuel de littérature de l’UE, dont elle co-finance l’organisation, nous encourageons la Commission à poursuivre une telle politique de financement de projets concernant plus directement le livre et les éditeurs.

Parmi nos 20 mesures de soutien au livre européen, se basant principalement sur des bonnes pratiques déjà existantes dans certains pays, on peut ainsi citer :

-    Un accroissement du soutien à la traduction
Vu le risque financier que prend l’éditeur pour une traduction, le programme Culture actuel devrait être complété par des mesures portant sur des montants financiers substantiels et couvrant les œuvres non littéraires et les langues non européennes. A terme et comme le suggère la Présidence française avec notre soutien, elles pourraient être intégrées au sein d’un véritable programme communautaire de traduction.

-    L’aide à la tenue de stands communs sur les salons du livre internationaux (pérennisation de l’aide au projet auquel a participé le BIEF en 2005-2006).

-    L’aide à la création de contenus numériques ou numérisés, dont la production est souvent plus onéreuse qu’on ne le croit.

-    Des soutiens pour des projets concernant toute la chaîne du livre dans les PVD ou d’économie émergente via l'inclusion formelle du livre dans le Fonds culturel pour les pays ACP et l’attribution de budgets d’aide au développement pour la fourniture de livres et le soutien aux activités des éditeurs locaux…
 

►Voir « Le plaidoyer de la FEE en faveur de programmes européens de soutien au livre » (octobre 2008)