Rencontres nationales de la librairie

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Discours d'Antoine Gallimard - 16.05.2011


Je voudrais en préambule vous faire part de ma solidarité face aux menaces qui pèsent sur votre profession et dont il a été beaucoup question depuis hier dans le cadre des rencontres nationale de la librairie.
L’étude réalisée conjointement par le SLF, le SNE et la Direction du livre il y a 4 ans nous avait déjà alertés, mais à l’époque je n’avais pas eu le sentiment que tous les éditeurs avaient pris la mesure du danger.
L’étude Xerfi présentée ce matin  montre la détérioration de la situation des libraires au moment où se profilent de profonds changements dans les modes de consommation : l’accélération du commerce en ligne et, spécifiquement pour le livre, la révolution du numérique. Et je vous confirme, cher Benoît Bougerol, que je sais bien que ce qui affaiblit les libraires affaiblit en contrecoup les éditeurs !

Alors que faire ? Qu’en penser maintenant ?
Tout d’abord, se rappeler que, dans un passé récent, nous avons su travailler ensemble et nous mobiliser pour réduire les risques qui nous menaçaient :
    -    réduction des frais de transports (15%) dans le cadre du plan transport recommandé par la Clil,
    -    exemption de la réduction des délais de paiements prévue par la Loi de Modernisation de l’Economie grâce au travail  de l’interprofession et au soutien d’Hervé Gaymard.
    -    attribution du label LIR à près de 500 librairies (464) ce qui permet, comme vous le savez, l’exonération de la contribution économique territoriale (CET) et l’attribution par le CNL d’une subvention pour la valorisation des fonds (313 librairies aidées).

Ensuite se convaincre que nous devons intensifier notre collaboration. J’en veux pour preuve le travail déjà réalisé dans le cadre de la Commission Usages Commerciaux. Les discussions peuvent paraître techniques, abstraites, frustrantes même, car on ne peut pas, dans un cadre syndical, s’engager sur les remises, alors que c’est l’une des questions clés qui se pose à vous tous.
La remise à jour du protocole Cahart en 2008 a validé le fait que l’office ne devait pas être subi par le libraire, qui doit rester maître de ses choix.
C’est dans cette commission que des pistes de travail ont été identifiées.  Des premières mesures concrètes ont été annoncées ce matin concernant le crédit des retours pour une mise en œuvre dès le second semestre. D’autres mesures concernant les fonds sont déjà en cours d’expérimentation.
J’observe que certaines mesures s’appuient sur le Label ce qui me fait plaisir en ayant été le « promoteur ».
Mais je souhaiterais que ces mesures aillent plus loin et qu’elles ne soient pas restrictives à une seule catégorie de librairies. Donc, que ce soit à travers la Commission Usages Commerciaux (et je remercie Francis Lang du travail qui y est fait), ou par des discussions directes entre le SLF et  les directions commerciales (et je salue le travail de Guillaume Husson) il est plus important que jamais de trouver de nouvelles pistes pour améliorer la rentabilité des librairies.

L’une de ces pistes, est sûrement la formation. La formation au catalogue des éditeurs, qu’il faudrait intensifier à travers davantage de rencontres en vue d'échanges permettant un enrichissement mutuel.
Et puis une formation plus « économique », grâce à des outils comme ceux développés par l’Adelc. Je pense bien sûr à Datalib qui permet aux libraires d’être informés de ce qui se vend, partout en France.
Je souhaite également que, dans un cadre interprofessionnel,  nous puissions réfléchir à la mise en commun d’autres outils comme la gestion de bases de données clients ou l’animation de réseaux sociaux.
Mais soyez convaincu, cher Benoît Bougerol,  que j’ai bien conscience que l’urgence est avant tout de restaurer le plus vite possible la marge de manœuvre de la librairie.

Quel sera en effet l’impact de l’arrivée du numérique ?

C’est le thème des tables rondes prévues cet après-midi. Demain 17 mai sera votée la proposition de loi pour le prix unique numérique. Après de nombreuses discussions, une loi privilégiant le livre homothétique va s’imposer au niveau extra-territorial. La concurrence ne se fera donc pas sur le prix.
Il est primordial que les libraires soient présents dans cette économie du numérique à travers « 1001 libraires.com ». Même si le site ne répond pas encore totalement à vos attentes, je salue la mobilisation des libraires et le travail de Gilles de la Porte. Nous sommes à vos côtés sur ce dossier.
Il faut profiter des mois à venir pour intensifier nos efforts afin que le plus de libraires possibles puissent offrir le plus large choix possible de livres numériques à leurs clients ainsi que les meilleurs services.

Nous fêtons cette année un anniversaire important… Je parle bien sûr des 30 ans du prix unique !
La loi sur le prix unique numérique ne sera pas suffisante pour aider les libraires dans cet environnement particulièrement difficile.
Nous devons plus que  jamais trouver de nouveaux modes de collaboration, revoir nos manières de travailler, et mutualiser le plus d’outils et d’expériences possibles.
 Il est primordial que les libraires puissent exercer leur métier sans être en permanence prisonniers de contraintes économiques.

Permettez-moi, enfin, de formuler un souhait : que les français qui aujourd'hui adorent jardiner viennent cultiver  leurs jardins secrets dans vos librairies  grâce aux livres.



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