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Discours de Vincent Montagne à l’occasion de l’inauguration du Festival du Livre de Paris 2026

C’est avec une immense joie que je vous accueille aujourd’hui pour inaugurer le Festival du Livre de Paris en présence de notre nouvelle ministre de la Culture, Chère Catherine Pégard – bienvenue chez vous au Grand Palais !

Voilà cinq ans déjà que le Festival a pris la suite du Salon du Livre Porte de Versailles, et s’est ancré dans le paysage littéraire français pour re-devenir un rendez-vous apprécié du grand public.

Je ne peux évidemment m’exprimer devant vous sans évoquer la personnalité d’Olivier Nora. Olivier Nora est un très grand éditeur qui depuis 26 ans a oeuvré à la tête de Grasset, cette maison centenaire et qui a fait naître tant de plumes remarquables. Quelles que soient les raisons des différents éditoriaux qui ont pu advenir, je voudrais rappeler ici  que l’édition est un milieu fragile, qui a besoin du temps long, se construit dans la durée, avec patience et dans le dialogue. 

 

Christian Bobin écrivait « Peut-être n’ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre ? », en effet le livre permet d’aller à la rencontre d’autrui, de trouver des nuances, d’appréhender la complexité, de découvrir l’altérité, et de nous relier les uns aux autres.

 

Je suis très heureux de pouvoir compter cette année sur la présence à nos côtés de l’UNESCO qui symbolise notre souhait d’ouverture à toutes les cultures et notre volonté d’encourager le dialogue autour du livre et de l’éducation.

Monsieur le Directeur général, vous apportez, au nom des 194 Etats membres que vous représentez, un éclairage particulier sur l’école, le livre et les savoirs indispensables à une époque où l’ordre mondial et le droit international érigés après la Seconde Guerre mondiale sont malmenés.

Cette nouvelle édition du Festival est l’occasion, également, de présenter au public français nos invités spéciaux la Géorgie (Madame la Ministre de la culture de la Géorgie bienvenue) et Abu Dhabi que je salue chaleureusement. Ils nous offrent une programmation originale sur les scènes du Grand Palais, qui ancrent encore davantage la thématique du voyage au cœur de cette édition.

Cette année, nous avons souhaité offrir une invitation d’honneur au 9e art. Pilier du livre et de l’édition en France et en Belgique depuis de nombreuses années, la Bande dessinée rejoint tous les styles. Nos autrices et nos auteurs bénéficient d’une grande notoriété à travers le monde et participent au rayonnement des lettres en langue française à l’étranger.  Cette excellence, cette diversité de genres et de formats, nous avons voulu la partager, l’offrir à tous les publics précisément cette année alors que le Festival international d’Angoulême n’a malheureusement pas pu se tenir, fragilisant leurs auteurs. A ce propos, nous avons pris connaissance avec attention des conclusions du rapport des Etats généraux de la bande dessinée, et nous échangerons avec eux très prochainement. L’écrin du Grand Palais offre un cadre d’exception aux deux expositions autour des thématiques du voyage et de la romance dessinée. Merci au CNL (chère Régine Hatchondo) et à la Sofia (cher Geoffroy Pelletier) d’avoir soutenu avec force cette initiative. Parmi les nombreux talents attendus ce week-end, nous aurons le plaisir de rencontrer Catherine Meurisse, Nine Antico, Cy, Magali Le Huche, Jul, Régis Loisel, François Schuiten (à qui nous devons la merveilleuse affiche du festival), Zep, et tant d’autres…

Le Festival du Livre de Paris remplit – vous le savez -, une mission d’intérêt général, en donnant au livre une exceptionnelle visibilité et un écho national  grâce à nos partenaires médias.

Si l’importance de la lecture et le risque de la concurrence des écrans sont de plus en plus soulignés dans le débat public – et nous sommes particulièrement attentifs aux travaux du Parlement sur la majorité numérique-, rappelons que la lecture est un véritable voyage qui commence dès l’enfance et nous structure pour la vie…

Je sais, Madame la Ministre, que la lecture et en particulier celle des jeunes est l’une de vos priorités et que vous avez à cœur de soutenir le pass Culture, une belle initiative présidentielle de 2017. En 2025, nous avons pu craindre le démantèlement pur et simple du programme dont l’essentiel a fort heureusement été préservé cette année après les sévères coupes de l’an dernier. Nous sommes d’ailleurs très heureux de signer aujourd’hui avec vous chère Laurence Tison Vuillaume une nouvelle convention de partenariat avec le pass Culture… Il est essentiel de rappeler que l’originalité du dispositif du pass Culture, c’est la liberté qu’il donne à un jeune de faire ses propres choix culturels ; et principalement en librairie.

 

Notre priorité aujourd’hui est de donner toute sa place à l’écrit pour les nouvelles générations grâce à une politique publique ambitieuse. Elle doit faciliter, l’accès au livre à tous les âges et à travers un maillage resserré de chaque acteur : enseignants- parents-bibliothécaires-libraires-éditeurs. Nous attendons vraiment, Madame la Ministre, la suite qui sera donnée aux Etats généraux de la lecture pour la jeunesse qui, à Montreuil, ont permis de formuler avec enthousiasme les attentes des publics et des professionnels.

L’autre enjeu décisif qui rassemble les professionnels de l’écrit, et plus généralement de la culture, c’est la défense de la création contre le pillage sauvage de nos œuvres par les fournisseurs d’intelligence artificielle. Je salue tout  particulièrement ce soir les sénatrices et les sénateurs Laurent Lafon, Laure Darcos, Pierre Ouzoulias, Catherine Morin-Dessailly, Agnès Evren et Karine Daniel qui ont porté avec succès la proposition de loi visant à inverser la charge de la preuve de l’utilisation de nos œuvres, et votée à l’unanimité au Sénat. Il faut maintenant que ce texte soit inscrit à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. L’ensemble de la filière espère qu’il sera soutenu par tous, tant l’enjeu est de taille et nous sommes mobilisés pour vous y aider. 

Notre objectif n’est pas d’empêcher l’émergence de l’IA mais de préserver l’écosystème du livre et de la création éditoriale qui nourrit et nourrira les moteurs de l’IA – création sans laquelle elle s’appauvrira inexorablement. Je rappelle que nous avons attaqué Meta il y a quelques mois devant le tribunal de Paris, et si la procédure suit son cours, les opérateurs de l’IA ne s’y trompent pas et commencent timidement à reconnaitre que les créateurs doivent être rémunérés.

 

Il est aussi nécessaire de trouver une réponse aux impacts de l’augmentation continue des ventes de livres d’occasion car elle se fait aujourd’hui au détriment des auteurs et éditeurs. 7 personnes sur 10 déclarent avoir acquis un livre d’occasion en 2025 nous enseigne le baromètre SOFIA-SGDL-SNE qui sera présenté demain lors de la journée professionnelle. Un mécanisme de rémunération en droits d’auteur équitable doit être mis en place pour que notre filière puisse se maintenir dans les années à venir.

 

Place au public, demain, dès l’ouverture des portes, avec 8500 scolaires, venus  assister ici à de nombreuses tables rondes. Pendant trois jours, plus de 1800 autrices et auteurs se succèderont pour rencontrer les lecteurs lors de 3000 séances de dédicaces.

 

J’attire votre attention sur les nouveautés de cette année, qui permettent à cette fête du livre d’être toujours renouvelée : la nocturne culinaire et la thématique du voyage. Mes chaleureux remerciements vont à Pierre-Yves Bérenguer et son équipe qui n’ont pas ménagé leurs efforts pour préparer ce cru exceptionnel. Merci aussi aux 450 maisons d’édition de leur confiance et leur fidélité.

 

Avec Catherine Pégard et Marion Glénat, enfin, nous revenons d’une visite au Japon, je voudrais nous projeter dans l’avenir du festival en vous annonçant ce soir que le Japon  sera notre invité d’honneur au Japon en 2028, et que notre invité en 2027 sera très probablement un pays européen., mais ce soir j’adresse tous mes vœux au public pour une expérience de visite inoubliable car comme l’écrivait Victor Hugo : « Ouvrir un beau livre, s’y plaire, s’y plonger, s’y perdre, y croire, quelle fête ! »

Je vous remercie.

 

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