Syndicat national de l'édition

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Discours de Vincent Montagne, Président du SNE, à l’occasion des Assises de la littérature jeunesse 2021

La 3ème édition des Assises de la littérature jeunesse du Syndicat national de l’édition s’est tenue lundi 4 octobre 2021 à la BnF. 
À cette occasion, Vincent Montagne, Président du SNE, a prononcé le discours suivant :

 

Madame la Présidente de la BNF, Chère Laurence Engel

Madame la Présidente du CNL, chère Régine Hatchondo,

Madame la présidente du groupe Jeunesse, chère Marion Jablonski,

Chers collègues, chers amis,

Mesdames, Messieurs,

C’est une vraie joie pour moi de vous retrouver aujourd’hui à l’occasion de la troisième édition des assises de la littérature Jeunesse.  Quel plaisir de pouvoir prendre la parole « en vrai » devant vous, si nombreux, ici dans cette salle. Et devant vous aussi qui derrière vos écrans, êtes également nombreux à suivre cette rencontre.

Merci chère Laurence, de nous accueillir cette année encore, dans ce magnifique auditorium de la Bibliothèque nationale de France.

Lors de la précédente édition des Assises fin 2019, nous étions loin d’imaginer ce qui allait se passer quelques mois plus tard… Cette crise inédite que nous venons de traverser, a rendu les échanges interpersonnels, qui font aussi la richesse de nos métiers, plus difficiles.

Plus difficiles, mais pas impossibles ! Preuve en est la formidable capacité de résistance, de résilience, du secteur du livre et de l’édition, tant dans les ventes, que dans la production éditoriale.

Une résilience rendue possible grâce à la formidable solidarité de l’ensemble des acteurs de la chaîne du livre, auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, qui tous ont agi avec une même détermination.

Une résilience rendue possible également grâce à la presence déterminée de nos lecteurs et le soutien des pouvoirs publics et du CNL. Ces lecteurs qui, très vite, très tôt, ont manifesté leur attachement profond à leurs libraires, au livre et à la lecture… Un engouement confirmé par un sondage, commandé par le SNE en décembre 2020 à l’Institut ODOXA, qui a permis de mettre en lumière, qu’un tiers des Français s’est mis à lire davantage.  Et que ce sont les plus jeunes (les moins de 25 ans) qui se sont mis à lire le plus pendant les deux périodes de confinement (42%).

Alors, oui, nous tous, collectivement, avons été portés, consciemment ou inconsciemment, par une même conviction : celle que la lecture était essentielle.

Face à la maladie, la perte d’un proche, l’isolement, l’ennui, face à tous ces maux (M.A.U.X.) dont nous avons souffert pendant cette longue période de crise, quel meilleur remède que la lecture ? « Je n’ai jamais eu de chagrin qu’une heure de lecture n’ait dissipé » disait Montesquieu.

Portés par l’énergie du livre et de la lecture, avec opiniâtreté, portés aussi par l’énergie du désespoir devant les librairies fermées, nous avons négocié avec le gouvernement au plus haut niveau, un plan d’urgence, puis un plan de relance qui ont permis aux plus fragiles d’entre nous de résister. Vint ensuite la reconnaissance de la librairie comme un commerce essentiel en février 2021, couronnant notre engagement collectif.

Et puis en juillet dernier, l’annonce du Président de la République, qui a déclaré la lecture, grande cause nationale, que nous appelions de nos vœux depuis plusieurs années.

Pour mettre, ce sont ses mots, « la lecture au cœur de la vie de tous les Français », en portant une attention plus particulière aux plus jeunes et à ceux qui en sont éloignés.

Parce que lire est un plaisir, bien sûr. Mais aussi parce que lire est essentiel pour se construire en tant que citoyens éclairés et libres. 

Aujourd’hui encore, 20 % des élèves maîtrisent mal les savoirs fondamentaux à la sortie de l’école primaire. Et notamment la lecture. C’est une source de grande inégalité entre nos jeunes, adultes citoyens de demain.

Toutes les enquêtes le montrent : la lecture est une des clés de la réussite. 30 minutes de lecture quotidienne, nous enseigne une enquête PISA, permettent des progrès significatifs en français.

Mais au-delà de cette notion de réussite, somme toute assez subjective, un enfant qui lit est un enfant qui s’épanouit.

En faisant s’évader l’enfant dans l’imaginaire du livre, en lui permettant « d’ouvrir la porte sur un monde enchanté », comme le disait Mauriac, l’enfant grandit.

Avec les livres que nous leur lisons ou qu’ils lisent tout seuls, que ces livres soient des romans, des pop-up, des BD, des mangas, nos enfants construisent leur propre espace intérieur, leur espace de rêve et de liberté. Des livres qui leur permettent d’inventer, d’interpréter, de comprendre, de construire ou de reconstruire le monde qui les entoure.

Sans oublier que la lecture de livres, dès le plus jeune âge, c’est l’apprentissage du temps long, du recul, de la distance, de la réflexion.

Former les citoyens de demain, développer en eux, dès leur plus jeune âge, le goût de lire, doit être une priorité. C’est en tout cas la nôtre. 

Et la littérature Jeunesse qui nous réunit aujourd’hui, joue à ce titre, un rôle tout à fait déterminant.

Alors bien sûr, au-delà de son importance sociale, voire sociétale, l’édition Jeunesse occupe une place majeure dans le marché du livre et de l’édition en général.

Quelques chiffres pour l’illustrer :  

Avec un chiffre d’affaires de 355 millions d’euros en 2020, le segment jeunesse constitue le 4ème segment de l’édition, en valeur. Dans le contexte de crise sanitaire que nous avons connu, il est parvenu à se maintenir (+ 1% de son chiffre d’affaires), malgré une baisse des ventes en volume de 5,3% notamment des ventes d’albums d’éveil et de livres destinés à la petite enfance qui ont souffert de la fermeture des librairies et sont en baisse de 4,8 % en valeur.

16 408 titres Jeunesse ont été publiés en 2020, soit une baisse de 11% en nombre de titres.

L’édition Jeunesse est par ailleurs le fleuron de l’édition française à l’international. Avec 2 716 titres cédés à des éditeurs étrangers en 2020, le secteur Jeunesse est le segment leader des ventes de droits à l’étranger, notamment vers des marchés dynamiques et émergents comme en Asie.

Mais ces relatifs « bons chiffres » ne résument pas tout, et comme souvent, ils ne reflètent que partiellement les spécificités des segments voire des sous-segments éditoriaux. De même qu’ils ne reflètent que de manière imparfaite la réalité des différents acteurs et les problématiques qui leur sont propres. Ils ne doivent pas masquer les fragilités de notre secteur, ni les défis économiques, sociaux, environnementaux, sociétaux que nous devons relever.

C’est tout l’intérêt de ces assises que de mettre en lumière les enjeux qui sous-tendent une ou des réalités économiques de l’édition Jeunesse.

Ces assises seront ainsi une occasion privilégiée de revenir sur la crise que nous venons de traverser ; de faire le bilan de ce qui nous a manqué durant les multiples confinements mais également de ce qui a été notre force. Pas pour nous appesantir sur le passé, mais au contraire pour aller de l’avant et partager une réflexion collective avec des représentants de tous les acteurs de la chaîne du livre :  des éditeurs et des auteurs bien sûr ; des libraires ; des bibliothécaires ; des organisateurs de salons…

Une réflexion collective autour d’une question centrale : comment favoriser une édition jeunesse respectueuse des équilibres sociaux et environnementaux ? 

  • La question de l’écologie du livre de jeunesse sera abordée, depuis sa fabrication jusqu’à sa commercialisation.
  • La question de la liberté de création à travers le phénomène inquiétant né aux Etats Unis de cancel culture, fera également l’objet d’une table ronde. Si ce mouvement semble a priori éloigné de la France, il est important de s’interroger collectivement sur la résonnance qu’il peut avoir, en particulier sur l’édition jeunesse.
  • Et bien sûr la question de la proximité avec les lecteurs. Une relation « physique », directe, mise à mal du fait pendant de longs mois. Mais une relation qui a dû être réinventée et qui dessine peut-être des contours nouveaux qu’il faut explorer… Réponse cet après-midi !

Je voudrais remercier tout particulièrement Marion Jablonski, qui a pris la présidence du groupe des éditeurs Jeunesse du SNE succédant à Thierry Magnier, présent aujourd’hui et que je salue également. Remercier aussi toutes les éditrices et tous les éditeurs du Bureau jeunesse qui se donnent sans compter au service d’un objectif : celui de promouvoir la littérature Jeunesse pour développer en chaque enfant, dès son plus jeune âge, le goût et le plaisir de lire.

La nécessité de constituer des segments éditoriaux ne doit pas nous faire oublier que la littérature Jeunesse, c’est de la littérature « tout court » : une littérature contemporaine, exigeante, excellente, en perpétuelle mutation, toujours à la pointe des innovations éditoriales et technologiques ; en cela, éditeurs et auteurs sont tous deux preneurs de risques et créateurs !

Mieux le faire savoir, rappeler combien la littérature jeunesse compte dans l’univers du livre et de la lecture, ouvrir, nourrir le débat… ce sont quelques unes des ambitions que portent ces assises de la littérature Jeunesse.

Ce sont aussi les ambitions qui animent les nombreuses actions visibles et moins visibles, que mène le groupe Jeunesse du SNE

  • En soutenant par exemple activement le grand jeu national les « Petits champions de la lecture« , initié par le SNE, et dont nous fêtons cette année le dixième anniversaire. Chaque année ce sont plus de 50 000 élèves de CM2 de toute la France (métropole et Outre-mer) qui découvrent sur un mode ludique les joies de la lecture à haute voix et le plaisir du partage ! Et cette année, grande nouveauté, le jeu s’ouvre aux élèves de CM1 ;
  • En poursuivant le travail de la commission salons et manifestations pour défendre la place de la littérature jeunesse et de leurs auteurs dans les salons, notamment grand public.
  • Dans le cadre des Rencontres en région qui permettent au fil de l’année et partout en France, aux éditeurs jeunesse du SNE, de nouer, un dialogue privilégié avec les médiateurs du livre, notamment libraires et bibliothécaires.
  • En poursuivant son travail de valorisation de la littérature adolescente et de ses auteurs grâce au Prix vendredi, dont le lauréat de la 5è édition sera annoncé le 8 novembre. Un prix soutenu par la Fondation La Poste et la SOFIA, en partenariat avec Bayard Presse et Lecture Jeunesse.

Ce sont aussi ces ambitions que porte le SNE – et avec lui tous ces groupes et commissions – notamment quand nous nous engageons dans une refonte totale du salon du livre pour créer un nouveau festival, le festival de tous les livres… pour célébrer la lecture sous ses formes. Mais ça c’est une autre histoire ! RV du 21 au 24 avril prochain.

Avant de clore ce discours et laisser place au débat, je voudrais remercier chaleureusement les partenaires de ces assises :

La BnF, en tout premier lieu, qui nous accueille, et son précieux Centre national de la littérature pour la jeunesse, le CNLJ, qui coorganise avec le groupe Jeunesse du SNE cet événement.

Merci à la Sofia également, et sa Présidente, Cécile Deniard, qui nous accompagne si fidèlement dans chacune de nos actions.

La crise sanitaire nous a rappelé l’importance des contacts humains, des moments partagés entre nous.  Nous redécouvrons le plaisir d’être ensemble, et retrouvons cette proximité qui est constitutive de nos métiers ! Les assises en sont une belle occasion. Que vive la littérature jeunesse, le livre et la lecture !  

Bonnes assises. Bons travaux ! Je vous remercie.

 

Crédit photo : ©Anaïs Pons Prades

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