- La parole à...
Interview de Mathilde Jablonski, présidente de la commission Livre audio
Interview de Mathilde Jablonski, présidente de la commission Livre audio du Syndicat national de l’édition et directrice de Cascades, à l’occasion du Mois du livre audio.
Pouvez-vous nous décrire en quelques mots les actions de la commission Livre audio ?
La commission Livre audio du SNE œuvre à structurer et valoriser un secteur en pleine croissance, en réunissant des éditeurs aux tailles et réalités très différentes, autour de préoccupations et de combats communs.
Elle agit à la fois sur un plan pédagogique, pour rendre le livre audio plus visible et accessible ; promotionnel, notamment auprès des prescripteurs ; et institutionnel, en représentant les éditeurs auprès des pouvoirs publics et en contribuant aux décisions structurantes.
Elle constitue à la fois un espace d’échange entre éditeurs et une instance de représentation, tout en portant une attention particulière à la dimension artistique du livre audio et aux évolutions technologiques du secteur.
Quelles sont les initiatives mises en œuvre ?
Le Mois du livre audio, organisé chaque année au mois de juin, est un temps fort de visibilité et de médiation pour notre secteur. La programmation repose sur une mobilisation collective des éditeurs et de leurs partenaires, avec des événements organisés partout en France.
Je peux par exemple citer le Festival Vox, organisé le 4 juin à la Maison de la Poésie à Paris, qui propose cette année des textes réunis sous le thème « Désobéissance(s) » et interprétés sur scène par des comédiens, mais également des lectures déambulatoires et un atelier d’écriture.
Parmi les autres initiatives, on peut également mentionner la mise en avant d’un catalogue multi‑éditeurs, notamment via le site Lire ça s’écoute, afin de faciliter l’accès et la découverte.
Enfin, une multitude d’événements divers portés par les éditeurs – rencontres avec des auteurs et des comédiens, marathons de lecture, événements digitaux – permet de s’adresser à tous les publics du livre audio.
L’été dernier était lancé le label Interprétation humaine. Quel bilan en tirez-vous ? Quelle est sa vie en dehors de la Commission Livre Audio ?
Le bilan est très positif et je m’en réjouis : le label a été rapidement et largement adopté et commence à s’imposer comme un repère identifiable.
Il répond à un double enjeu : valoriser le travail des comédiens et de toute une filière, mais aussi garantir une transparence essentielle vis-à-vis des audiolecteurs.
Dans un contexte d’essor des technologies de synthèse vocale, il est en effet important de labelliser clairement les œuvres et d’informer le public.
Le label vit désormais au-delà de la commission, et même au-delà des frontières, à travers son appropriation par de nombreux éditeurs et sa présence sur les plateformes.
A mon sens, il a vocation à devenir un marqueur de confiance durable.
Aux États-Unis, la librairie Audible Story House, spécialisée en livres audio vient d’ouvrir à New York. Pourrait-on voir ce phénomène se produire en France ?
Ce type d’initiative est très intéressant car il donne une visibilité physique à un format numérique.
En France, des déclinaisons adaptées pourraient émerger : espaces dédiés en librairie, organisation d’événements autour de l’écoute, afin de mettre en valeur l’immersion et l’interprétation.
Le dynamisme des librairies et l’intérêt croissant pour le livre audio sont, à mon sens, des signaux encourageants.









