Syndicat national de l'édition

  • Communiqué SNE

Face à la détresse scolaire des étudiants, faire de l’enseignement supérieur une priorité

Face à la crise sanitaire, les éditeurs universitaires du SNE ont lancé un appel au gouvernement le 6 avril dernier pour renforcer les budgets des bibliothèques universitaires, dans le but de faciliter l’accès des étudiants aux ressources et permettre la continuité pédagogique.

 

La crise sanitaire n’affecte pas seulement la situation économique, psychologique ou sociale des étudiants. Faute d’accès aux ressources pédagogiques, elle a également un très lourd impact sur leur réussite scolaire. Dans le cadre du plan de relance, et plus durablement, il est urgent de dégager des moyens importants autour d’un double objectif : permettre aux étudiants d’avoir accès aux ressources pédagogiques indispensables à leur réussite et aux enseignants d’être formés à l’usage de ces ressources.

La corrélation entre la lecture des étudiants et leur réussite aux examens en licence est forte, en témoigne notamment une étude menée en 2012 par des bibliothèques universitaires (BU) de Toulouse. Emprunt en bibliothèques universitaires et réussite aux examens de licence sont indissociables.

L’accès aux ressources pédagogiques numériques des étudiants du premier cycle a pris une dimension encore plus centrale du fait de la crise sanitaire, qui a contraint enseignants et étudiants à travailler à distance.

Les récentes études sur les budgets des étudiants démontrent que la paupérisation des étudiants s’est accrue ces deniers mois. Peu d’entre eux ont les moyens d’acquérir les ouvrages indispensables au suivi de leurs études.

Les éditeurs universitaires ont ouvert pendant le premier confinement des accès libres à des ouvrages numériques et des banques de données. Mais cette situation n’est pas viable économiquement sur la durée et ne suffit pas.

Il est de la responsabilité des pouvoirs publics de permettre aux étudiants l’accès à des ressources structurées et de qualité, consultables à distance.

Alors que l’Italie a débloqué, dès le printemps 2020, 62 millions d’euros pour renforcer l’équipement par ses universités en matériel mais aussi en ressources pédagogiques permettant l’enseignement à distance, aucun soutien n’a été envisagé en France.

Les budgets français d’acquisition de ressources documentaires sont notoirement insuffisants et historiquement parmi les plus faibles de l’OCDE.

La crise a révélé la situation de sous-équipement des BU, en particulier pour les ressources pour le niveau licence.

L’enquête récente conduite par le consortium Couperin pour le MESRI révèle que le montant dépensé annuellement par étudiant pour les ressources électroniques est en moyenne de 33€ par étudiant, soit deux fois moins qu’en Allemagne (67€)  ou en Espagne (57€). Et ce montant n’est que de 10 € par an et par étudiant de premier cycle. L’essentiel des faibles dépenses est consacré aux ressources destinées aux seuls chercheurs.

En outre, les enseignants ne sont pas ou sont insuffisamment formés à l’apprentissage en ligne et à l’utilisation des ressources pédagogiques numériques.

Aujourd’hui, comme en témoigne le rapport de Victor Negrescu, le Parlement européen, « encourage les États membres à affecter des fonds à l’acquisition de ressources pédagogiques numériques professionnelles et sûres, développées en utilisant l’innovation européenne, y compris à des contenus éducatifs de qualité élaborés conjointement avec des experts » et « à soutenir sur le plan financier les formations destinées aux enseignants les formations destinées aux enseignants ».

Le plan de relance constitue une opportunité pour impulser une nouvelle politique durable à la hauteur de nos partenaires européens.

Les éditeurs universitaires proposent ainsi que soient mises en œuvre de manière urgente les mesures suivantes :

  • Aligner les budgets des bibliothèques universitaires sur les standards européens pour permettre l’acquisition de ressources pédagogiques numériques adaptées pour le premier cycle.
  • Mettre en place des chèques « ressources pédagogiques » à destination de tous les élèves du premier cycle. A l’instar du « chèque psy », il est essentiel de leur permettre d’acquérir et de conserver des ressources numériques ou des livres imprimés utiles durant toute leur scolarité. Un montant de 100 € par étudiant pourrait être envisagé.
  • Développer la formation des enseignants à l’usage des ressources documentaires numériques.
  • Mieux articuler l’offre de ressources pédagogiques numériques des éditeurs à celle des ressources éducatives libres des bibliothèques, utiles mais qui ne peuvent suffire.

Au-delà du rôle essentiel qu’ils jouent dans la transmission des savoirs, les éditeurs universitaires ont une responsabilité sociale et sociétale.  Ils souhaitent participer pleinement, en lien avec l’ensemble des acteurs concernés, à la formation des étudiants et leur réussite, qui sont leur raison d’être. 

 

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