Syndicat national de l'édition

Véritable relais de croissance pour l’édition, les cessions contribuent, de façon significative, à la marge nette des éditeurs. Cette activité apporte un complément aux droits perçus par les auteurs.

Ces derniers, en confiant la gestion de leurs droits étrangers à leur éditeur, attendent qu’un vrai travail soit mené pour que leurs livres soient le plus présents possible à l’étranger dans des langues autres. C’est à cette fin que l’édition française dispose de services de droits très professionnalisés.

La qualité et la densité du travail fourni par les personnes chargées de ces droits (directeurs ou responsables de droits, mais aussi éditeurs) en France est reconnue dans le monde entier. Tous les types de maisons d’édition, grandes comme petites, spécialisées et généralistes, dans toutes les catégories éditoriales, participent à cet effort de développement à l’international.

Une activité à l’international stable en 2016

L’activité d’extraduction des maisons d’édition françaises en 2016 est stable (-0,3%) par rapport à 2015, avec des dynamiques différentes entre cessions et coéditions.

À périmètre constant, on note une légère baisse (-1 %) du nombre de cessions entre 2015 et 2016. En revanche, le nombre de coéditions, à périmètre constant, est en hausse de 5% par rapport à 2015.

Droits mondiaux : un léger tassement

On observe un léger tassement de la cession des droits mondiaux qui concerne, néanmoins, toujours plus d’un contrat sur trois.

Langues de traduction et pays acheteurs de droits

Les contrats de cession et coédition en langues chinoise, espagnole, italienne, anglaise et allemande représentent, à eux seuls, la moitié du total des contrats conclus. En ajoutant les contrats cédés dans les six langues suivantes (néerlandais, polonais, turc, coréen, russe et portugais), on atteint alors 75 % du total des titres cédés.

Le poids relatif des cessions et des coéditions au sein de ces onze premières langues de traduction est riche en enseignements notamment en ce qui concerne les contrats conclus avec la Chine. Le savoir-faire des imprimeurs chinois donne l’opportunité aux éditeurs chinois d’acquérir des droits de traduction, plutôt que d’être partenaires en coédition.

Les coéditions sont principalement conclues avec des pays européens et l’on peut noter la place importante de l’Espagne avec des livres coédités en espagnol et en catalan. Par ailleurs, le nombre important de coéditions effectuées avec des éditeurs américains (122) est remarquable pour un marché réputé difficile à pénétrer – sachant qu’avoir un coéditeur américain, facilite d’emblée la prospection à l’échelle internationale.

En ce qui concerne les cessions (hors coéditions), le palmarès des cinq premières langues de traduction (chinois, espagnol, italien, allemand, anglais), diffère quelque peu de celui des plus grands pays « acheteurs » de droits de traduction que sont la Chine et l’Italie puis l’Espagne, l’Allemagne, et la Pologne.

Enfin, l’invitation d’honneur de la France à la Foire de Francfort 2017 n’a pas eu l’effet escompté sur le dynamisme des échanges avec l’Allemagne : la part des contrats cédés à des éditeurs allemands dans le total (6,6%) a même baissé d’un point par rapport à 2015.

Le leadership de la langue chinoise sur plusieurs catégories éditoriales

Comme en 2015, le chinois se place en tête des langues vers lesquelles le nombre de contrats de cessions (hors coéditions) est le plus important, qu’il s’agisse de la jeunesse, des SHS, des essais & documents, du scolaire & de la référence ainsi que de la catégorie des beaux livres et livres d’art. Comme l’année dernière encore, les contrats de cessions BD sont conclus majoritairement vers la langue italienne et ceux de fiction vers la langue allemande.

Une source de revenus importante pour les maisons d’édition

L’activité de cessions de droits étrangers constitue une source de revenus complémentaires pour les maisons d’édition. Cette activité représente entre 5 et 7% du chiffre d’affaires des maisons d’édition ayant répondu à l’enquête.

La part du chiffre d’affaires de l’activité des coéditions dans le chiffre d’affaires total des maisons est, d’un point de vue méthodologique, plus difficile à déterminer en raison des coûts de fabrication : néanmoins, elle peut atteindre jusqu’à 30% du ca total de la maison ou du département éditorial concerné.

Les cessions de droits, par le revenu qu’elles génèrent, participent à l’équilibre financier des maisons d’édition. Quant aux cessions en coédition, elles permettent souvent d’amortir les coûts de fabrication de certains ouvrages illustrés.

Conclusion

Les traductions de livres français donnent une nouvelle vie à l’ouvrage, entretiennent le fonds et permettent de promouvoir le travail des auteurs au-delà des frontières de la france. Efficaces ambassadrices d’une diplomatie d’influence, elles participent au rayonnement de la culture française.

Malgré les bons résultats de 2016, il faut néanmoins constater que la croissance régulière des cessions de droits de ces dernières années ne s’est pas confirmée. Conclure des cessions est un travail de longue haleine. Les responsables de droits doivent parfois travailler les titres plusieurs années avant que les négociations n’aboutissent et le maintien du chiffre d’affaires s’avère de plus en plus difficile.

Une attention particulière devra être portée à l’environnement international en 2017. En effet, les récentes mesures prises par la chine – premier partenaire des éditeurs français – visant à contrôler les livres de jeunesse traduits et à inciter les éditeurs chinois à publier des auteurs nationaux risquent d’avoir un impact négatif sur le dynamisme de l’activité des cessions de droits.

Quelques chiffres pour 2015

Ces chiffres s’appuient sur l’étude statistique menée chaque année par le SNE et sont à périmètre constant entre les répondants à l’enquête de 2015 et ceux de 2016.
Le nombre de cessions de droits de traduction a progressé de 2,3 %.
En 2015, les éditeurs français ont signé 12 225 contrats de cessions de droits de traduction vers plus de 50 langues.
Depuis 10 ans, ce chiffre est en constante progression (plus de 120 %), signe de l’intérêt croissant des éditeurs à travers le monde pour la production éditoriale française et de l’importance des efforts développés par les services de cessions de droits dans les maisons d’édition en France.
15 % des droits numériques sont cédés simultanément ; pour le Royaume-Uni et les États-Unis, la cession simultanée est bien plus courante (respectivement 62,3 % et 45,6 % des contrats signés).

Les catégories d’ouvrages

La Jeunesse (29,9 %) et la Bande dessinée (23,8 %) représentent à elles deux plus de 50 % des cessions réalisées. La Fiction (15,5 %) est stable.

Les Sciences humaines et sociales, sont en nette progression (11,8 %). Ces deux catégories représentent plus d’un quart des cessions.En ajoutant la catégorie Essais du questionnaire, on obtient une part de près d’un tiers pour Fiction et Non-fiction.

Enfin, la progression du nombre de cessions pour les livres pratiques est très importante (1 085 en 2015, 675 cessions en 2014), un signe du développement récent, de ce marché dans différentes régions du monde.

Les langues

  • Le chinois reste la première langue de destination (90 % des traductions sont le fait d’éditeurs chinois contre 10% pour Taïwan) avec 1 868 contrats (1 620 en 2014).
  • L’italien est la seconde langue de destination (1 312 contrats de cessions après 1 078 en 2014). C’est la Bande dessinée (724 titres) qui est la principale bénéficiaire de cette évolution sur un an.
  • L’espagnol est la troisième avec 1 209 contrats signés dont 895 pour l’Espagne (74 % de l’ensemble de la langue), chiffre stable. Jeunesse et Bande dessinée représentent 59 % de ces contrats.

Pour aller plus loin, téléchargez la synthèse  des Repères Statistiques de l’édition 2015-2016.

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