Syndicat national de l'édition

Promotion de la lecture

La lecture est une de nos priorités : soyons volontaristes

La promotion de la lecture fait partie des engagements du SNE : voilà pourquoi nous encourageons une politique volontariste auprès des citoyens et des politiques.

La lecture est une de nos priorités : soyons volontaristes

Le livre : une bouffée d’air dans un monde en perpétuel mouvement

Nous vivons une rupture de civilisation, où l’homme contemporain, ultra-connecté, est de plus en plus absorbé par un monde d’écrans, d’images et d’écrits fragmentaires, et où il a de moins en moins de temps à consacrer à la lecture de livres.

En même temps, face à ce flux continu d’informations et d’opinions disparates, le livre représente encore un point d’ancrage et un facteur de confiance. Face au bruit assourdissant de la Toile, le livre nous offre ce moment de silence, de solitude et d’intériorité, qui fait figure désormais de luxe.
Selon la philosophe Myriam Revault d’Allonnes, « lorsqu’on se met à lire, on se débranche du monde extérieur. Or, l’homme contemporain n’aime pas se sentir ainsi déconnecté. J’entends déplorer fréquemment que les élèves ne lisent plus. Ou, plus souvent encore, qu’ils ne savent plus lire un livre du début à la fin, et se satisfont de fragments. Mais la lecture fragmentée n’est pas liée simplement à l’existence autour de nous des écrans qui nous sollicitent en permanence. Elle s’explique plus profondément par le rapport qu’entretient l’individu contemporain avec le temps – ce qu’on appelle le “présentisme”, à savoir la prégnance de l’instant, de l’immédiateté, l’appréhension du temps comme une succession de moments au détriment de la prise en compte de la durée, de l’existence du passé et de l’avenir. Cette incapacité à envisager la longue durée affecte fatalement la pratique de la lecture, qui est à la fois de l’ordre de la mémoire et du projet. »

Lecture : nécessaire état des lieux

La dernière étude publiée par le Centre national du livre nous apporte un éclairage sur l’état des pratiques de lecture en France et nous permet de mesurer l’attachement des Français au livre.

La lecture, une pratique encore largement partagée aux pratiques diversifiées

La lecture des Français

56% des Français se déclarent lecteurs réguliers, globalement, ils lisent de moins en moins, puisqu’il y a eu une baisse de cinq points par rapport à 2023. Ils lisent en moyenne 18 livres par an (13 livres au format papier et 5 au format numérique), contre 22 en 2023. 

De nouvelles pratiques de lecture

La lecture au format papier enregistre une baisse (-4 points depuis 2023) dans la quasi totalité des catégories et des tranches d’âges. La lecture régulière au format numérique connait une légère baisse par rapport à 2023, mais il a progressé en 10 ans, avec un nombre de lecteurs et de livres lus bien plus importants chez les 15-34 ans : un tiers d’entre eux lit au format numérique vs moins d’un dixième des 35 ans et plus. 

En parallèle, le livre audio gagne en popularité : 32% des lecteurs écoutent des livres audio, entre autres grâce à la place importante du numérique dans leur quotidien, ce qui rend la pratique plus attractive. 

Si l’achat (neuf ou d’occasion) ou le prêt restent stables auprès des lecteurs pour se procurer des livres, l’emprunt en bibliothèque recule. 79% des lecteurs ont acheté des livres neufs, la pratique reste donc stable tandis que l’achat de livres d’occasion progresse significativement depuis 10 ans : 39% sont concernés, contre 26% en 2015. Les acheteurs de livres privilégient désormais les grandes surfaces culturelles (+6 points depuis 2023) devant les librairies, en baisse (-6 points au global), et les sites de vente en ligne, qui continuent de progresser. L’éloignement reste la première raison de non-achat de livres en librairie, mais moins fortement qu’avant.
En revanche, l’impossibilité d’acheter des livres d’occasion, des livres numériques ou autre chose en librairie sont davantage invoqués qu’en 2023 (respectivement +4 points).

Des genres divers

On remarque un vrai bond de la popularité pour les romans sentimentaux, notamment grâce à ceux du genre de la new romance. En revanche, s’ils conservent une place importante chez les moins de 25 ans, les mangas et comics enregistrent tout de même une baisse sensible, et continuent leur progression chez les 25-49 ans. 

Les motivations

Les lecteurs lisent avant tout pour s’évader et ce plus fortement qu’avant (+7 points), quand les non-lecteurs projettent prioritairement sur la lecture une envie d’approfondir des connaissances. Le visionnage d’une série ou d’un film adapté d’un livre peut susciter l’envie de lire, en particulier chez les lecteurs de moins de 20 ans : 3/4 d’entre eux ont eu envie de lire un livre après en avoir vu l’adaptation. 29% des français adorent lire (notamment les femmes), le goût étant moins marqué chez les hommes. 

Un fort attachement au livre

L’attachement des Français au livre demeure très fort. Le livre, synonyme de pérennité et de transmission, reste un pilier de notre culture. L’originalité de l’étude est d’avoir posé des questions sur le rapport intime des Français au livre : les résultats sont un véritable plébiscite. La lecture et ses valeurs font l’objet d’une adhésion rarement observée : 93% des Français associent au moins un avantage à la lecture, pour qui elle est bénéfique. Ainsi, 99 % estiment que le livre est un moyen d’approfondir ses connaissances, 98% qu’il permet une ouverture d’esprit et 96% y voient un moyen de se faire plaisir.

Le principal frein à la lecture : le manque de temps

68% des lecteurs estiment que leurs autres loisirs diminuent leur temps de lecture ; un sentiment plus fort chez les lecteurs de moins de 35 ans et en particulier chez ceux de moins de 20 ans : plus de la moitié d’entre eux estime que les autres loisirs diminuent beaucoup leur temps de lecture. Chez les non-lecteurs, la préférence pour d’autres loisirs est la principale raison de ne pas lire (78%); mais le manque de temps arrive en deuxième position (67 %). 38% des non-lecteurs lisent autres choses que des livres (presse, blogs, contenus multimédia) et 49% ne ressentent pas le besoin de lire.

Culture du livre, culture des écrans : la nécessaire complémentarité

Selon l’étude du CNL, le volume global de temps consacré aux écrans (télévision, ordinateur, smartphone, tablette) est de 3h21 par jour (23h27 heures par semaine), contre 31 minutes par jour (3h40 par semaine) passé à lire des livres, dont les livres numériques. L’avis de l’Académie des Sciences, L’enfant et les écrans, (Jean-François Bach, Olivier Houdé, Pierre Léna, Serge Tisseron, Le Pommier, 2013) est sans équivoque : il est essentiel d’alterner les pratiques, entre culture du livre et culture des écrans, qui sont complémentaires. Cette alternance amplifie les bénéfices de l’une et de l’autre.
Du point de vue cognitif, le livre a en effet des vertus spécifiques : développement de la pensée linéaire, organisée autour de relations de temporalité et de causalité, de la narrativité construite sur une logique de succession ; développement de la mémoire événementielle, c’est-à-dire de long terme. Le livre est ancré dans le temps et développe cet ancrage, il favorise l’attention, la pensée d’une tâche unique qui doit être menée à son terme, et réalisée le mieux possible, dans un idéal de perfection.  La culture du livre aide à prendre du recul, à développer un sens critique individuel.

Lutter contre la fracture de la lecture en donnant le goût de la lecture

Selon l’enquête PISA 2018, la France se situe au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE en matière de compréhension de l’écrit. Cependant, depuis 2009, les profonds écarts se sont stabilisés en France : en 2018, 21 % des élèves se situent sous le niveau 2 de l’échelle de compétences, soit le niveau à partir duquel les élèves commencent à être capables d’utiliser leurs compétences en lecture, à acquérir des connaissances et résoudre des problèmes pratiques. Dans les pays de l’OCDE, cette part s’élève en moyenne à 23 %, soit au-dessus. De plus, en France, les élèves issus de l’immigration sont 2,5 fois plus susceptibles de ne pas atteindre le niveau 2 en compréhension de l’écrit que les élèves autochtones.

Or, la difficulté à lire est fortement corrélée avec le niveau socio-économique et culturel des familles, et emporte inévitablement d’autres contre-performances, scolaires et professionnelles. Ainsi, la France est l’un des pays où la différence de résultats entre les élèves favorisés et les élèves défavorisés est la plus marquée, bien au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE[1].

Cette « fracture de la lecture » doit être combattue par des politiques volontaristes en faveur de la lecture. Il n’y a pas de fatalité. La lecture doit rester une priorité, au-delà de l’année 2021 où elle a été déclarée « grande cause nationale ». Les pouvoirs publics doivent faire du livre à l’école une priorité nationale. Le manuel scolaire est parfois le seul livre présent au sein d’un foyer. Or, on constate à chaque réforme que les équipements ne sont pas complets. Lors de la dernière réforme du collège en 2016, il a manqué 2,5 livres par collégien, faute de financement suffisant de l’État. En 2019, lors de l’entrée en vigueur de la réforme des lycées, l’achat des manuels par les régions n’a pas permis, dans certains territoires, d’équiper tous les lycéens, en particulier de la voie professionnelle. 

Parce qu’il est essentiel de donner le goût de lire aux enfants, en particulier à ceux qui ne sont pas familiers des livres, le SNE a lancé dès 2012, en partenariat avec le ministère de l’Education nationale, un grand jeu de lecture à voix haute, les Petits champions de la lecture. Depuis lors, cette opération n’a cessé de s’étendre à travers tout le territoire. Plus de 125 000 enfants en classe de CM1 et de CM2 ont participé en 2023, venus de toute la France y compris les Drom.

 

[1] 107 points d’écart de score en compréhension de l’écrit en France contre 89 pour la moyenne de l’OCDE.

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