- La parole à...
3 questions à Isabelle Erb-Polouchine, directrice générale de Média Livres Services
L’édition en perspective 2025-2026, le rapport d’activité du Syndicat national de l’édition, a donné la parole à Isabelle Erb-Polouchine, directrice générale de Média Livres Services (MLS), présidente de la CCFI et membre de la Commission Environnement et Fabrication du SNE.
Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre métier ?
Je dirige Média Livres Services, filiale de production du groupe Média Participations pour des ouvrages de littérature, poches, livres illustrés et BD/Manga (Seuil, La Martinière, Points, Dupuis, Dargaud, Le Lombard, Kana…). J’ai fait toute ma carrière dans la fabrication de livres et à des fonctions opérationnelles puis managériales.
Mon métier, c’est construire et animer une équipe de production performante dont les profils, l’organisation répondent aux besoins immédiats des maisons, mais aussi aux enjeux changeants de l’édition (rentabilité, création, outils, partenaires industriels, RSE).
Mes missions au quotidien : anticiper, faire de la veille technologique et achats, négocier, porter des projets de transformation pour gagner en productivité et éco-responsabilité et travailler avec mes pairs à des réflexions de filière au sein de la Commission Environnement et Fabrication du SNE ou, dans un cadre associatif professionnel, au sein de la CCFI.
En matière de développement durable, quels sont les enjeux de votre métier et comment celui-ci s’adapte-t-il à la transition écologique ?
- Faire preuve de cohérence dans nos choix de conception, de tirage, d’acheminement, de stockage pour une approche la plus sobre, qui maîtrise notre impact environnemental en plus de la qualité, du prix et du délai… dans toute la vie de l’ouvrage.
- Conseiller les éditeurs pour une offre créative et audacieuse mais réaliste dans ses quantités, maline dans ses options et réduire ainsi nos impacts en soutenant notre rentabilité.
- Conduire des projets industriels et techniques ou de flux automatisés innovants comme le TCD (Tirage Court Dynamique) pour apporter productivité, service et sobriété.
- Questionner nos réflexes dans une chaîne où chaque maillon a son rôle : le créatif, le fabricant et l’industriel.
- Faire des contraintes réglementaires des opportunités d’accélération de nos transformations malgré les sueurs froides que cela nous donne ! Nous y travaillons notamment au sein de la Commission Environnement et Fabrication du SNE.
En fin de compte, il faut avant tout être transparents sur nos efforts et les valeurs que nous défendons, car c’est aussi ça, être éditeur.
Que diriez-vous à un jeune professionnel pour l’encourager à rejoindre un service de fabrication ?
C’est un métier « passion » dans lequel il ne s’ennuiera jamais car il apprendra chaque jour des situations inédites et des gens talentueux rencontrés. Essayer ce métier c’est l’adopter !
Avec de la curiosité, de l’humilité, de la rigueur, un goût pour la technique et des qualités de coordination et communication pour bien faire se parler création et industrie, expliquer, piloter, garantir et assumer quand ça coince, il aura tout pour réussir !









