- La parole à...
Portrait métier : Directrice de maison d’édition
À l’occasion de la publication de la nouvelle cartographie des métiers de l’édition, le Syndicat national de l’édition a invité Christel Hoolans, directrice générale des Éditions Kana et Le Lombard, à témoigner sur son métier.
Pouvez-vous présenter et nous expliquer en quelques mots votre métier ?
Je suis directrice générale des éditions Kana et Le Lombard. Mon rôle consiste à définir la stratégie éditoriale et le développement de nos maisons, tout en veillant à la qualité de nos publications, à leur performance économique et à leur rayonnement auprès des lecteurs. Mon métier est à la croisée de la création, du management et du développement d’entreprise.
Quel a été votre parcours pour arriver à ce poste ? Existe-t-il des formations particulièrement adaptées pour exercer ce métier ?
Mon parcours s’est construit progressivement au sein du secteur de l’édition. J’ai fait des études d’Histoire contemporaine, suivi d’une agrégation et un dernier cycle en Métiers du Livre à l’université. Ce sont les stages obligatoires de ce dernier cycle qui m’ont permis de découvrir, entre autres, l’édition de bande dessinée.
Comme beaucoup de professionnels du livre, j’ai développé mes compétences à travers différentes expériences qui m’ont permis de comprendre à la fois les enjeux éditoriaux, commerciaux et managériaux du métier. Il n’existe pas un parcours unique. Les formations en édition, communication, lettres, commerce ou management peuvent constituer de bonnes bases. La curiosité, la culture générale et l’expérience de terrain restent toutefois essentielles.
Comment s’articule l’équipe éditoriale au sein de votre maison d’édition ?
L’équipe éditoriale est constituée d’une direction éditoriale et de plusieurs éditeurs et éditrices. Ils travaillent en étroite relation avec les auteurs, les traducteurs, les lettreurs, les responsables marketing, les équipes commerciales et les différents services supports. Chaque projet suit un processus collectif, depuis la sélection jusqu’à la publication et à la promotion de l’ouvrage. Cette organisation permet de conjuguer exigence éditoriale, cohérence stratégique et proximité avec les lecteurs.
Quelles sont vos missions au quotidien ?
Mes journées sont très variées. Je travaille sur les orientations stratégiques des maisons, le suivi des programmes éditoriaux, le développement commercial, les partenariats, les budgets et l’accompagnement des équipes. J’échange régulièrement avec les responsables éditoriaux, marketing, commerciaux et financiers afin de coordonner les différents projets et d’assurer leur réussite.
Avec quels métiers ou quels services travaillez-vous le plus souvent ?
Je collabore quotidiennement avec les équipes éditoriales, marketing, commerciales, communication, ressources humaines, financières et juridiques. Le métier d’éditeur est profondément collectif : un livre est le résultat du travail de nombreux professionnels qui mettent leurs expertises en commun.
Comment travaillez-vous les titres de la rentrée littéraire ?
En bande dessinée et en manga, il n’y a pas vraiment de rentrée éditoriale. Mais s’il devait en avoir une, la préparation s’anticipe plusieurs mois à l’avance. Nous analysons le positionnement de chaque titre, définissons les actions de promotion, préparons les argumentaires destinés aux libraires et organisons les prises de parole auprès des médias et des prescripteurs. L’objectif est de donner à chaque ouvrage les meilleures conditions possibles pour rencontrer son public.
Quelles sont les qualités et les compétences indispensables pour exercer ce métier ?
La curiosité intellectuelle, la capacité d’écoute et l’ouverture aux autres sont essentielles. Il faut également comprendre les évolutions du marché, savoir prendre des décisions, gérer des projets et animer des équipes. Enfin, il est important d’avoir une véritable passion pour les contenus et les lecteurs.
Comment votre métier a-t-il évolué au cours de ces dernières années ?
L’édition évolue dans un environnement de plus en plus rapide et connecté. Les usages numériques, les réseaux sociaux, les nouvelles attentes des lecteurs et l’internationalisation des contenus ont profondément transformé notre façon de travailler. Les professionnels doivent aujourd’hui conjuguer expertise éditoriale, analyse des données et compréhension des nouvelles formes de consommation culturelle.
Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre métier ?
Ce qui me plaît le plus est la rencontre entre la création et le public. Accompagner des auteurs, faire émerger des projets et voir les lecteurs s’approprier les œuvres est particulièrement stimulant. J’apprécie également la richesse des échanges humains qui caractérisent le monde de l’édition.
Quel conseil donneriez-vous à un jeune qui souhaite découvrir les métiers de l’édition ?
Je lui conseillerais de lire beaucoup, dans des genres variés, de rester curieux et de multiplier les expériences. Les stages, les rencontres professionnelles et l’observation du fonctionnement concret d’une maison d’édition sont souvent très formateurs. Il est également utile de développer une bonne compréhension des évolutions du marché du livre et des pratiques culturelles.









